La chute
Camus, Albert
Bog
« Sur le pont, je passai derrière une forme penchée sur le parapet, et qui semblait regarder le fleuve. De plus près, je distinguai une mince jeune femme, habillée de noir. Entre les cheveux sombres et le col du manteau, on voyait seulement une nuque, fraîche et mouillée, à laquelle je fus sensible. Mais je poursuivis ma route, après une hésitation. [...] J'avais déjà parcouru une cinquantaine de mètres à peu près, lorsque j'entendis le bruit, qui, malgré la distance, me parut formidable dans le silence nocturne, d'un corps qui s'abat sur l'eau. Je m'arrêtai net, mais sans me retourner. Presque aussitôt, j'entendis un cri, plusieurs fois répété, qui descendait lui aussi le fleuve, puis s'éteignit brusquement. »
La mort heureuse
Camus, Albert
Bog
« Je suis certain qu'on ne peut être heureux sans argent. Voilà tout. Je n'aime ni la facilité ni le romantisme. J'aime à me rendre compte. Eh bien, j'ai remarqué que chez certains êtres d'élite il y a une sorte de snobisme spirituel à croire que l'argent n'est pas nécessaire au bonheur. C'est bête, c'est faux, et dans une certaine mesure, c'est lâche. »
En 1938, Albert Camus abandonne son premier roman, La mort heureuse, pour commencer à rédiger L'étranger. Ce premier projet romanesque, publié à titre posthume, est riche pourtant de descriptions lumineuses de la nature et de réflexions anticonformistes. Le héros, Meursault, recherche désespérément le bonheur, fût-ce au prix d'un crime. Son parcours est nourri de la jeunesse difficile et ardente de Camus ; ses choix et ses pensées annoncent les récits et les essais à venir.
La peste
Camus, Albert
Bog
« C'est moi qui remplace la peste », s'écriait Caligula, l'empereur dément. Bientôt, la « peste brune » déferlait sur l'Europe dans un grand bruit de bottes. France déchirée aux coutures de Somme et de Loire, troupeaux de prisonniers, esclaves voués par millions aux barbelés et aux crématoires, La Peste éternise ces jours de ténèbres, cette « passion collective » d'une Europe en folie, détournée comme Oran de la mer et de sa mesure.
Sans doute la guerre accentue-t-elle la séparation, la maladie, l'insécurité. Mais ne sommes-nous pas toujours plus ou moins séparés, menacés, exilés, rongés comme le fruit par le ver ? Face aux souffrances comme à la mort, à l'ennui des recommencenments, La Peste recense les conduites ; elle nous impose la vision d'un univers sans avenir ni finalité, un monde de la répétition et de l'étouffante monotonie, où le drame même cesse de paraître dramatique et s'imprègne d'humour macabre, où les hommes se définissent moins par leur démarche, leur langage et leur poids de chair que par leurs silences, leurs secrètes blessures, leurs ombres portées et leurs réactions aux défis de l'existence.
La Peste sera donc, au gré des interprétations, la « chronique de la résistance » ou un roman de la permanence, le prolongement de L'Étranger ou « un progrès » sur L'Étranger, le livre des « damnés » et des solitaires ou le manuel du relatif et de la solidarité - en tout cas, une œuvre pudique et calculée qu'Albert Camus douta parfois de mener à bien, au cours de sept années de gestation, de maturation et de rédaction difficiles...
La peste
Camus, Albert
Bog
Dossier pédagogique de Marianne Hubac.
Dans les années 1940, une épidémie de peste s'abat sur la ville d'Oran. Jour après jour, le lecteur suit l'apparition et l'extension de la maladie. Il découvre les réactions de chacun des personnages face aux souffrances et à la mort : certains fuient, d'autres restent pour lutter.
À travers ce grand roman, Albert Camus rend hommage à ceux qui affrontent la vie avec modestie et honnêteté, et nous invite à réfléchir sur les valeurs de solidarité et d'engagement. Un titre fort, en résonance avec l'actualité.
Le premier homme
Camus, Albert
Bog
«En somme, je vais parler de ceux que j'aimais», écrit Albert Camus dans une note pour Le premier homme. Le projet de ce roman auquel il travaillait au moment de sa mort était ambitieux. Il avait dit un jour que les écrivains «gardent l'espoir de retrouver les secrets d'un art universel qui, à force d'humilité et de maîtrise, ressusciterait enfin les personnages dans leur chair et dans leur durée».
Il avait jeté les bases de ce qui serait le récit de l'enfance de son «premier homme». Cette rédaction initiale a un caractère autobiographique qui aurait sûrement disparu dans la version définitive du roman. Mais c'est justement ce côté autobiographique qui est précieux aujourd'hui.
Après avoir lu ces pages, on voit apparaître les racines de ce qui fera la personnalité de Camus, sa sensibilité, la genèse de sa pensée, les raisons de son engagement. Pourquoi, toute sa vie, il aura voulu parler au nom de ceux à qui la parole est refusée.
Qu'il suive le fil d'Ariane sur les traces du Minotaure pour évoquer Oran et ses alentours, qu'il revisite le mythe de Prométhée à la lumière de la violence du monde moderne, ou qu'il rêve à la beauté d'Hélène et de la Grèce, Albert Camus nous entraîne tout autour de la Méditerranée et de ses légendes.
Un court recueil de textes lyriques et passionnés pour voyager de l'Algérie à la Grèce en passant par la Provence.
L'Étranger
Camus, Albert
Bog
« Quand la sonnerie a encore retenti, que la porte du box s'est ouverte, c'est le silence de la salle qui est monté vers moi, le silence, et cette singulière sensation que j'ai eue lorsque j'ai constaté que le jeune journaliste avait détourné les yeux. Je n'ai pas regardé du côté de Marie. Je n'en ai pas eu le temps parce que le président m'a dit dans une forme bizarre que j'aurais la tête tranchée sur une place publique au nom du peuple français... »
Texte intégral + dossier + lecture d'image
L'exil et le royaume
Camus, Albert
Bog
« Dans les épaisseurs de la nuit sèche et froide, des milliers d'étoiles se formaient sans trêve et leurs glaçons étincelants, aussitôt détachés, commençaient de glisser insensiblement vers l'horizon. Janine ne pouvait s'arracher à la contemplation de ces feux à la dérive. Elle tournait avec eux, et le même cheminement immobile la réunissait peu à peu à son être le plus profond, où le froid et le désir maintenant se combattaient. »
Six nouvelles sur le thème de l'exil.
W3 - Le sourire des pendus
Camut, Jérôme et Hug, Nathalie
Bog
På lager
romans
Fransk
Policiers - Thrillers
Lara Mendès, une jeune chroniqueuse, est portée disparue alors qu’elle enquêtait sur le marché du sexe et ses déviances. Un avocat et son épouse sont sauvagement assassinés, leurs fillettes enlevées. À Rennes, Sookie Castel, policière hors norme, s’oppose à sa hiérarchie qui souhaiterait classer ces trois décès en suicide. Qui a enlevé Lara ? Où sont passés ces enfants et ces jeunes femmes dont les portraits sont affichés depuis des mois, parfois des années, sur les murs des gares et des commissariats ? Alors que Sookie est mise à pied et internée, partout, le destin d'innocents est broyé sans pitié. Ils auront bientôt une voix : W3.
Le premier volet de la nouvelle série démentielle des auteurs de Prédation.
Un nouveau grand thriller psychologique de Camut et Hug !
Le retournement
Nyhed
Carcassonne, Manuel
Bog
Manuel, le Juif du pape, partage avec Nour, la descendante des premiers chrétiens d’Orient, l’aristocratie des opprimés. Tous deux ont retourné la persécution en distinction, mais ils doivent composer avec des univers culturels si différents que tout leur est sujet de querelle, source d’une vie de couple souvent drolatique. Et voilà que celui qui voulait être Swann, à naviguer habilement dans les eaux hostiles du beau monde et du Paris des lettres, se retrouve appelé au Liban « Abou Hadri » : le père d’Hadrien. Placé sous le signe d’une inquiétude mêlée d’ironie, ce récit est la plus merveilleuse réfutation qui se puisse imaginer à l’assignation identitaire qui caractérise nos temps modernes.
Un livre profond et lumineux sur la possible réinvention de soi . Oriane Jeancourt Galignani, Transfuge .
Un texte autobiographique où Manuel Carcassonne explore ses origines. Une réussite . Sylvie Tanette, Les Inrockuptibles .
Beau récit d’une odyssée intime, de Carpentras à Beyrouth . Jean-Paul Enthoven, Le Point .
Clara lit Proust
Nyhed
Carlier, Stéphane
Bog
« À la lecture de ces pages, quelque chose d’un peu magique s’est passé qui, pour la première fois, lui a laissé penser que les livres pouvaient être meilleurs que la vie. »
Clara est coiffeuse dans une petite ville de Saône-et-Loire. Son quotidien, c’est une patronne mélancolique, un copain beau comme un prince de Disney, un chat qui ne se laisse pas caresser. Le temps passe au rythme des histoires du salon et des tubes diffusés par Nostalgie, jusqu’au jour où Clara rencontre l’homme qui va changer sa vie : Marcel Proust.
Le discours
Caro, Fabrice
Bog
«Je prononcerai ce discours à une condition, Ludo, une seule : que tu arrêtes de faire grincer ta fourchette dans ton assiette. Je pourrais tuer pour ça. Il y a des codes, Ludo, sinon c’est le bordel. Sept milliards de névrosés essayant de vivre ensemble, se faisant croire que c’est possible, qu’on ne tue pas pour un grincement de fourchette dans l’assiette, qu’on ne quitte pas son amoureux parce qu’il fait du bruit en buvant son café.»
Lors d’un dîner en famille, Adrien, qui vient de se faire plaquer, apprend qu’il doit prendre la parole au mariage de sa sœur. Entre le gratin dauphinois et les tentatives de discours toutes plus absurdes les unes que les autres, il n’espère qu’une chose : que Sonia revienne.
Un récit digne des meilleures comédies romantiques, où l’on retrouve l’humour décalé de "Zaï zaï zaï zaï".
Samouraï
Nyhed
Caro, Fabrice
Bog
« TU VEUX PAS ÉCRIRE UN ROMAN SÉRIEUX ? » a conseillé Lisa à Alan, avant de le quitter pour un universitaire spécialiste de Ronsard. Profitant de l’été qui commence, Alan espère donc se plonger avec la discipline d’un guerrier samouraï dans l’écriture d’un livre profond et poignant. Ça et aussi s’occuper de la piscine des voisins partis en vacances. Or bientôt l’eau du bassin se met à verdir, de drôles d’insectes appelés notonectes se multiplient à la surface…
Après Le discours, cette nouvelle comédie brosse un portrait aussi désopilant que juste de notre époque.
L'adversaire
Carrère, Emmanuel
Bog
På lager
romans
Biographies - Essais
Fransk
Le samedi 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand tue sa femme, ses enfants et ses parents, puis tente en vain de se suicider. Après dix-huit ans de mensonge, on découvre derrière le médecin renommé et le bon père de famille, un imposteur et un monstre. Fasciné par ce fait divers, Emmanuel Carrère essaie d’approcher au plus près le mystère de cet homme aux multiples visages et de comprendre ce qui le touche tant dans ce drame. Il compose ainsi une œuvre profondément troublante et bouleversante.
L'adversaire
Carrère, Emmanuel
Bog
«Le 9 janvier 1993, Jean-Claude Romand a tué sa femme, ses enfants, ses parents, puis tenté, mais en vain, de se tuer lui-même. L'enquête a révélé qu'il n'était pas médecin comme il le prétendait et, chose plus difficile encore à croire, qu'il n'était rien d'autre. Il mentait depuis dix-huit ans, et ce mensonge ne recouvrait rien. Près d'être découvert, il a préféré supprimer ceux dont il ne pouvait supporter le regard. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité.
Je suis entré en relation avec lui, j'ai assisté à son procès. J'ai essayé de raconter précisément, jour après jour, cette vie de solitude, d'imposture et d'absence. D'imaginer ce qui tournait dans sa tête au long des heures vides, sans projet ni témoin, qu'il était supposé passer à son travail et passait en réalité sur des parkings d'autoroute ou dans les forêts du Jura. De comprendre, enfin, ce qui dans une expérience humaine aussi extrême m'a touché de si près et touche, je crois, chacun d'entre nous.»
Le Royaume
Carrère, Emmanuel
Bog
«À un moment de ma vie, j'ai été chrétien. Cela a duré trois ans. C'est passé.
Affaire classée, alors? Il faut qu'elle ne le soit pas tout à fait pour que, vingt ans plus tard, j'aie éprouvé le besoin d'y revenir. Ces chemins du Nouveau Testament que j'ai autrefois parcourus en croyant, je les parcours aujourd'hui – en romancier? en historien?
Disons en enquêteur.»
V13
Nyhed
Carrère, Emmanuel
Bog
« Je pense qu’entre le moment où nous entrerons dans cette salle d’audience et celui où nous en sortirons, quelque chose en nous tous aura bougé. On ne sait pas ce qu’on attend, on ne sait pas ce qui arrivera. On y va. »
V13 : c’est le nom de code du procès des attentats terroristes qui, le vendredi 13 novembre 2015, ont causé 130 morts au Stade de France, sur des terrasses de l’Est parisien, dans la salle de concert du Bataclan. 14 accusés, 1 800 parties civiles, 350 avocats, un dossier haut de 53 mètres : ce procès hors norme a duré neuf mois, de septembre 2021 à juin 2022. Je l’ai suivi, du premier au dernier jour, pour l’hebdomadaire L’Obs. Expérience éprouvante, souvent bouleversante, fascinante même quand elle était ennuyeuse. Une traversée.
E. C.
38 Contes philosophiques
Carrière, Jean-Claude
Bog
Le Cercle des Menteurs, dont sont extraits ces 20 contes, sont un avant-goût à la philosophie. C'est la philosophie par les contes, où le chemin vers la sagesse serait constitué des meilleures histoires du monde.
Une sélection de contes accompagnés de notes, d’aides à la compréhension de l’œuvre et de clés d’analyse.
Un matériel documentaire qui situe l’œuvre et l’auteur dans le contexte de leur époque.
Une collection qui à travers la découverte de l’œuvre fait découvrir un genre littéraire, ici le conte
Le retour de Martin Guerre
Carrière, Jean-Claude & Daniel Vigne
Bog
Une nuit, Martin Guerre disparaît. Presque dix ans lus tard, le voici de "retour". Bientôt se propage une rumeur selon laquelle il serait un imposteur. Procès, disputes, tentatives d'assassinat : c'est l'affrontement général entre ses partisans et ses adversaires.
"Classiques contemporains"
Texte accompagné d'un dossier:
- L'auteur
- L'œuvre
- Pourquoi lire l'œuvre ?
- Clefs de lecture
- Genre, action, parsonnages
- Thèmes et textes
- Bibliographie et filmographie
Insecte
Castillon, Claire
Bog
Ma fille est ma meilleure amie ; mon père n'est pas méchant maman ; arrange-toi, tu es déguisée ; ma mère est bête ; ma fille est idiote ; j'aime encore mieux que mon mari me trompe avec notre fille ; ma fille est née dans une rose mais périra dans le chou ; ma mère a un cancer, elle m'énerve ; ma mère se laissait tellement aller qu'elle est morte.
Claire Castillon est l'auteur de dix romans et de cinq recueils de nouvelles, ainsi que de romans pour enfants. Insecte a été traduit en 24 langues.
« Écrivant serré et visant juste, Claire Castillon n’hésite pas à user du registre loufoque pour illustrer, dans toute leur complexité et leur trivialité, ces déviations de l’amour toujours taboues.
Claire Castillon fait mouche. »
L’Express
L'âge du fond des verres
Castillon, Claire
Bog
På lager
Enfants - Jeunesse
romans
Fransk
Incisif et sensible, un roman terriblement juste sur l'entrée en sixième et les codes impitoyables du collège.
Avant, la seule chose qui comptait, en âge, c'était celui du fond des verres. Avant, je n'avais pas remarqué que mes parents étaient deux vieillards. Avant, mes copines m'enviaient parce que chez moi on avait le droit de jouer des maracas, de se déguiser avec les affaires de ma mère... Mais maintenant, ce n'est plus comme avant. Je n'ai plus tellement envie de montrer mes parents. Tout a changé depuis que je suis en sixième.
Ma grande
Castillon, Claire
Bog
«La vérité, c’est : je t’ai tuée et c’est tout. J’ai sans doute pas raison. Je regrette rien, et c’est mal.»
Ils se sont rencontrés à la piscine. Ils se sont aimés pas longtemps. Ils se sont acheté une maison. Il n’a jamais cessé de subir et malgré tout un enfant est né. Il n’était pas vraiment un homme battu : pas de bleus, rien de visible. Et pourtant des coups il y en a eu.
Alors on se demande pourquoi il est resté.
Pas exactement l'amour
Cathrine, Arnaud
Bog
Nouvelles
«Il n’aimait pas dormir, contrairement à elle. Dormir signifiait : quitter l’autre. Même enlacés au lit, cela revenait quand même bien à quitter l’autre.
Qui s’endormirait (s’éloignerait de l’autre) le premier? Qui céderait le premier à l’insignifiante et ordinaire trahison?»
Passant de l’humour à la gravité, de la confidence à l’outrage, de la pudeur à la sensualité résolue, Arnaud Cathrine revisite, au fil de dix nouvelles, un motif universel, fluctuant et insaisissable.
Menteur
Cauvin, Patrick
Bog
Tout le monde a été un jour tenté de succomber au mensonge pour se sortir d’une situation embarrassante. Dans la salle d’attente d’un gastro-entérologue distingué, Antoine Berthier se souvient des mensonges les plus incroyables de son existence et de leurs conséquences. Ces inventions lui ont fait connaître des instants aussi difficiles que mémorables et nous les partageons avec lui en espérant que ce ne soient pas les derniers d’une existence qui menace de ne plus durer.
Ce roman de Patrick Cauvin, accompagné d’un appareil pédagogique et d’une interview exclusive de l’auteur, brille par son originalité. Il associe tout d’abord la richesse d’un style qui sait être à la fois littéraire et familier ; il utilise ensuite, le style cinématographique et les nombreuses références faites au 7e art rendent son texte très vivant. Toutes ces raisons font de Menteur un livre riche et plaisant, accessible à tous. Sans mentir !
Voyage au bout de la nuit
Céline
Bog
« - Bardamu, qu'il me fait alors gravement et un peu triste, nos pères nous valaient bien, n'en dis pas de mal !...
- T'as raison, Arthur, pour ça t'as raison ! Haineux et dociles, violés, volés, étripés et couillons toujours, ils nous valaient bien ! Tu peux le dire ! Nous ne changeons pas ! Ni de chaussettes, ni de maîtres, ni d'opinions, ou bien si tard, que ça n'en vaut plus la peine. On est nés fidèles, on en crève nous autres ! Soldats gratuits, héros pour tout le monde et singes parlants, mots qui souffrent, on est nous les mignons du Roi Misère. C'est lui qui nous possède ! Quand on est pas sage, il serre... On a ses doigts autour du cou, toujours, ça gêne pour parler, faut faire bien attention si on tient à pouvoir manger... Pour des riens, il vous étrangle... C'est pas une vie...
- Il y a l'amour, Bardamu !
- Arthur, l'amour c'est l'infini mis à la portée des caniches et j'ai ma dignité moi ! que je lui réponds. »
Guerre
Céline, Louis-Ferdinand
Bog
« Je m'étais divisé en parties tout le corps. La partie mouillée, la partie qu'était saoule, la partie du bras qu'était atroce, la partie de l'oreille qu'était abominable, la partie de l'amitié pour l'Anglais qu'était bien consolante, la partie du genou qui s'en barrait comme au hasard, la partie du passé déjà qui cherchait, je m'en souviens bien, à s'accrocher au présent et qui pouvait plus - et puis alors l'avenir qui me faisait plus peur que tout le reste, enfin une drôle de partie qui voulait par-dessus les autres me raconter une histoire. C'était plus même du malheur qu'on peut appeler ça, c'était drôle. »
Écrit deux ans après Voyage au bout de la nuit, Guerre lève le voile sur l'expérience centrale de l'existence de Céline : le traumatisme physique et moral du front. Avec ce livre d'une violence totale, entre récit autobiographique et œuvre d'imagination, une pièce capitale de l'œuvre de l'écrivain est mise au jour.
La volonté du Roi Krogold - suivi de La Légende du Roi René
Nyhed
Céline, Louis-Ferdinand
Bog
Les manuscrits mis au jour en 2021 ont confirmé l’importance aux yeux de Céline de sa « légende gaélique… mi-rime mi-prose », récit de la guerre menée par le Roi Krogold contre le prince félon Gwendor, du meurtre du procureur Morvan par le trouvère Thibaut et de la passion de Joad pour la belle Wanda — et dont les épisodes principaux se déroulent entre Bretagne et Scandinavie, dans un décor de « Moyen Âge d’opéra ».
L’écrivain, faute d’avoir pu la publier, en inséra le récit fragmenté et parfois halluciné dans Mort à crédit (1936), ainsi que dans Guerre et dans Londres. Mais il continua ensuite d’y travailler, sans toutefois parvenir à y mettre un point final. Céline restera dépité du peu de considération dans laquelle on tenait sa manière « épique et bardique », laquelle avait donné lieu à cette mythologie portative, « lyrique et ironique », qui ne renfermait pas moins de sens à ses yeux que ses écrits d’inspiration romanesque.
Car ces histoires hautes en couleur sont écrites pour frapper les esprits et toucher les cœurs ; elles accompagnent la méditation de l’écrivain sur l’existence et la mort, le corps et l’âme, ainsi que sur les pouvoirs ambigus du poète à l’égard de la finitude humaine.
La présente édition réunit les deux seules versions connues à ce jour de la légende, inédites et inégalement inachevées : l’une datant de la première moitié des années 1930, La Légende du Roi René ; l’autre, La Volonté du Roi Krogold, écrite en 1939 et 1940.
Céline - Les paradoxes du talent
Céline (Pierre Merle)
Bog
På lager
Littérature - Linguistique
romans
Fransk
La seule évocation du nom de Céline suffit aujourd’hui encore à déclencher la polémique : qui était-il vraiment ? Un auteur génial ? Un pamphlétaire raciste ? Pour découvrir l’homme et l’écrivain qui se cachent derrière Voyage au bout de la nuit.
Dan Yack - Le plan de l'aiguille
Cendrars, Blaise
Bog
TILBUD 20 DKK inkl. moms
Dan Yack commence comme une parabole et s'achève comme un lamento. Le Plan de l'Aiguille et Les Confessions de Dan Yack appartiennent-ils bien au même univers romanesque ? Ce livre de dissonances vire sans cesse du burlesque au tragique, de la violence au rire, du drame à la pantomime. Quant à Dan Yack, ce milliardaire anglais au nom bizarre, il échappe à la saisie. D'abord présenté à la manière de Charlot, il resurgit sous les traits d'un héros en proie au mal du siècle. Dans le tourbillon des aventures qui l'emportent à travers le monde, une question pourtant ne le quitte pas : est-il possible de changer sa vie ? Et à quel prix ? Dan Yack reste le plus secret des grands romans de Cendrars, celui qui touche au plus brûlant, au plus intime.
La collection " Tout autour d'aujourd'hui " présente, en une quinzaine de volumes, l'essentiel de l'œuvre de Blaise CENDRARS (1887-1961) dont elle propose la première édition moderne, avec des textes établis d'après des sources sûres (manuscrits et documents), accompagnés de préfaces et suivis d'un dossier critique comprenant des notices d'œuvres, des notes et une bibliographie propre à chaque volume.
Publiés séparément en 1929, Le Plan de l'Aiguille et Les Confessions de Dan Yack ont été réunis par Cendrars en 1946 dans une version remaniée et sous un nouveau titre : Dan Yack. Passant en revue les utopies et les faillites d'un siècle bouleversé par la Grande Guerre, ce roman autobiographique se présente comme une passion de l'homme moderne.
TILBUD: 20,-
L'or
Cendrars, Blaise
Bog
TILBUD 30 DKK inkl. moms
De l'or. Johann August Suter veut de l'or. Il quitte l'Europe, part pour l'Amérique. Nous sommes en 1834. Il prend le bateau, débarque à New York, pousse sa route jusqu'en Californie. Ça sent de plus en plus l'or. Il achète une parcelle de terre, creuse une mine, construit un véritable empire. Il réalise son rêve américain. Il pense à sa femme qui va le rejoindre, et croit que le précieux métal lui apportera un réel bonheur. Ce qu'il ne sait pas, c'est que tout le monde a décidé de faire comme lui :
les règles changent, et la concurrence devient rude. L'or ne rend plus heureux, il rend seulement riche...
L'accompagnement pédagogique guide le lecteur dans la découverte du mythe de la rue vers l'or, sous ses aspects économiques, sociologiques et politiques, à travers un personnage à l'ascension aussi vertigineuse que la chute. Il montre la finesse critique et la modernité de l'écriture de Blaise Cendrars, et éclaire les similitudes entre le héros et l'écrivain. Un groupe de textes sur l'or en littérature, d'Ovide à Le Clézio, vient enrichir la réflexion.
Roman (XXe siècle) recommandé, en France, pour les classes de collège. Texte intégral.